Il était "d’ici et pas d’ailleurs" le petit François Mauriac né à Bordeaux
le 11 octobre 1885, rue du Pas Saint Georges.
C'est au milieu des bruits et des senteurs d’une ville frémissante de passions, près d’un port, couché au bord de son fleuve, dans une ville que l’on quitte parce que son conservatisme va à l'encontre de toute création, que François Mauriac s’éveille avec sensibilité à la vie.
Ainsi le petit écolier séparé ne serait-ce qu’un seul instant, de sa mère, Claire Mauriac, dans ce jardin d’enfants de la rue du Mirail, loin de la "chambre tendue de gris", devint la proie d’un gros chagrin d’enfant... épreuve féconde.
Ni l'éducation rigoureuse des pères marianistes, du "Collège d’en face", ni le climat recueilli de dévotion catholique et de décence bourgeoise, ne réussiront à le préserver de cet écartèlement entre l’amour du monde et l’amour de Dieu pour lequel il a commencé de vivre.
Après les jours passés au confluent de son enfance et de son adolescence, François Mauriac balloté de la rue Vital Carles à ce vieil hôtel de la rue Margaux, jette un premier regard sur le fleuve où luit une espérance :
prendre le large, quitter Bordeaux et dire adieu à son adolescence !
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