C'était autrefois un faubourg populeux, dominé par la haute tour romane de l'église abbatiale Sainte-Croix ; il ne fut englobé dans l’enceinte fortifiée urbaine qu’au début du XIVe siècle.
Les gabares, bateaux à fond plat qui faisaient le service de la Garonne, débarquaient le bois. Bordeaux construisait peu de navires de haute mer qu’on achetait à des chantiers étrangers.
Le gros moulin de Sainte-Croix, voisin de l’abbaye, était établi sur l’estey Sainte-Croix.
Dans ce quartier, on trouvait : rue des Bouviers, ceux qui entretenaient les bœufs dont les attelages servaient à tirer les marchandises des navires. Les cordiers tressaient le chanvre. Les cordonniers travaillaient les cuirs du Bazadais. Les potiers exerçaient dans la rue des Fours....
Dès la fin du XVIe siècle, d’importantes raffineries de sucre s’étaient implantées. Le sucre brut arrivait par cargaisons des Antilles.
L’abbatiale Sainte-Croix était siège de paroisse dès 1130. Si le choeur de l’église était réservé aux religieux bénédictins, le transept et les collatéraux étaient aux fidèles de la paroisse. L’autel majeur était dédié à la Vierge, objet d’un pèlerinage à Notre-Dame-des-Marins; des ex-votos illustraient des scènes de sauvetage de navires en perdition.
Ainsi cette animation du quartier nous est restituée par les noms des rues et par les dévotions de l'église Sainte-Croix.