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Le Palais Rohan, quartier de l'Hôtel de Ville
JOYAU DE
L'ARCHITECTURE
GRANDS
HOMMES
HOTEL
DE VILLE
LA FACADE
DES QUAIS
LE JARDIN
PUBLIC
CHARTRONS
& NEGOCE
LA VILLE AU
FIL DU VIN

Tout comme les intendants, les prélats se sont conduits au XVIIIe siècle en véritables spéculateurs et urbanistes. En édifiant leurs demeures, parfois même leurs palais, ils ont créé de nouveaux quartiers et transformé la physionomie de la ville.
 
Devenu archevêque de Bordeaux en 1771, Ferdinand-Maximilien Mériadec de Rohan entreprit la reconstruction complète du vieil archevêché qui dès le Moyen-Age occupait l’angle nord-ouest de la cathédrale. Des travaux de restauration avaient été entrepris un siècle auparavant par le cardinal François de Sourdis.
 
Dès 1771, c’est à Joseph Etienne qu’est confiée l’étude du palais et des lotissements.
La vente des terrains autour de l’archevêché et les revenus du diocèse allaient aider à sa construction. Mécontent d’Etienne, l’archevêque le remplace par Bonfin, architecte de la ville, qui termine les travaux avec l’entrepreneur Poirier. Alors que les frais de la construction ne cessent de croître, l’archevêque est contraint d’engager sa propre fortune. Il laisse sa place à Mgr Champion de Cicé dès 1781. Le palais est enfin achevé vers 1784.
 
Scandé par des colonnes, le mur de clôture offre au premier abord un décor d’arcatures qui n’est pas sans rappeler les modèles proposés vers 1770 par l’architecte de Neufforge.
Sur les deux côtés de la cour, des bâtiments bas relient le corps de logis à une colonnade. Dans le fond, une façade plate animée d’un avant-corps central s’impose par sa rigueur et sa sécheresse. La façade postérieure exactement semblable est prolongée par deux pavillons bas à balustres avec des baies surmontées de guirlandes. Cette sécheresse dans les lignes et la composition s’explique par la présence de Victor Louis à Bordeaux, qui à la même époque édifiait le Grand-Théâtre.

Malgré de nombreuses modifications, l’intérieur du palais a conservé son grand escalier d’honneur dessiné par Bonfin, une suite de salons au rez-de-chaussée avec boiseries de tilleul sculptées par Cabirol et une salle à manger décorée de figures en trompe-l’œil par Lacour et Beringazo. Deux décors, l’un pompéien, l’autre dans le goût de la Renaissance antiquisante, traduisent bien le raffinement des intérieurs bordelais de cette époque.

 
Philippe PREVOT
 
QUARTIER DE L'HOTEL DE VILLE

Si le nom de Mériadeck rappelle le prince cardinal de Rohan, archevêque de Bordeaux au XVIIIe siècle, il évoque bien plus aujourd'hui le centre moderne, rebaptisé "Quartier de l'Hôtel-de-Ville".
 
Jusqu'à la fin du XVIe siècle, cette partie ouest de Bordeaux n'était qu'un vaste marais qui, tout en protégeant la ville des indésirables, contribuait par ses miasmes à propager la peste. A l'instigation du cardinal François de Sourdis, le drainage est entrepris et les travaux réalisés par les chartreux au début du XVIIe siècle permettent d'assécher les palus .
 
Au cours du XIXe siècle, le quartier se construit d'échoppes, habitations typiques du Bordeaux ouvrier et artisan.
 
En 1955, la municipalité décide la rénovation totale de cet ensemble et confie en 1960 à la Société Bordelaise Mixte de Rénovation Urbaine, la réalisation de 300 logements. Jean Royer, nommé urbaniste en chef établit un plan masse : immeubles "barre" de douze étages, caractéristiques de l'époque. En 1963, la rénovation devient restructuration, et le quartier deviendra "centre administratif et d'affaires", doté d'équipements commerciaux et sportifs. En 1970, Jean Willerval et Paul Lagarde sont appelés auprès de Jean Royer comme architectes coordinateurs.
 
Le plan masse est revu pour intégrer les diverses administrations et services autour d'un jardin central. La circulation des piétons et des voitures est séparée grâce à une dalle, et les hauteurs d'immeubles seront limitées.

Marie-Noëlle BLADIER