A la fin du XVIIIe siècle, la ville de Bordeaux était particulièrement florissante grâce au dynamisme de son activité commerciale (vin, échanges avec les colonies...).
Le Duc de Richelieu, gouverneur de Guyenne, décida de la doter d'une salle de spectacle digne d'elle et fit appel à l'architecte Victor louis (1731-1800).
Commencée en 1773, la construction du Grand-Théâtre ne s'acheva que sept ans plus tard, en 1780. De style néo-classique, cet imposant bâtiment (88 mètres sur 47) abrite une salle pouvant accueillir 1 114 personnes.
Après une dernière restauration (1990-1991) qui lui a rendu son décor d'origine, le Grand Théâtre figure aujourd'hui parmi les plus beaux fleurons d'une cité marquée par l'architecture du XVIIIe siècle.
La salle des concertsa été construite par Charles Burguet entre 1865 et 1870. Elle est habillée de lambris et plafonds en bois peints et dorés développés sur environ 1800 m2 de surface totale avec toiles peintes à l’huile collées.
Tour à tour théâtre d'art lyrique et théâtre de comédie, ce lieu unique vit défiler les plus grandes vedettes du siècle dernier, les Talma, Nourrit,Viardot, Falcon, Duprez, Petipa...
Le Grand-Théâtre offre toujours au public des spectacles d'art lyrique, des ballets et des concerts... Il demeure, aujourd'hui et plus que jamais, fidèle à sa vocation.
Le quartier des "Grands Hommes" est sans doute mieux connu des Bordelais sous le nom de " Triangle ", forme délimitée par les Allées de Tourny, le cours Clemenceau et le cours de l’Intendance. Son urbanisme remonte aux années révolutionnaires.
En 1789, ce n’était guère qu’un espace de couvents : les Récollets et les Jacobins dont l’église Saint-Dominique (Notre Dame depuis le Concordat) avait été construite par Duplessy-Michel (1684-1707).
Bordeaux affronta la Révolution avec calme et, après la réquisition des biens du clergé, se trouvait en possession de vastes terrains vacants qu’elle voulut utiliser pour remodeler le quartier.
Spontanément, en juillet 1790, des architectes (Laclotte, Bonfin et Lhôte) proposèrent leurs projets mais aucun d’eux ne l’emporta. En revanche, c'est l'architecte Chalifour qui en proposant une compilation, entreprit les travaux : une place circulaire d’où rayonnaient des voies. Les travaux (ventes, démolitions des bâtiments conventuels existants, percement des rues) commencèrent dès 1792, furent brusquement interrompus par la Terreur (1793-94) et ne reprirent qu'en 1797.
Au même moment à Paris, l’église Sainte-Geneviève devenait le Panthéon des Grands Hommes. A Bordeaux on choisit les noms des grands esprits (Montesquieu, Rousseau, Voltaire) ayant inspiré la Révolution Française.
Peu d’édifices furent construits à ce moment-là. Signalons l’Hôtel Meyer, construit en 1796 pour le Consul de Hambourg à Bordeaux et le Théâtre Français (1800) par Dufart.