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Décors de café et restaurants
Apparues à la Mecque au XVe siècle puis successivement en Egypte, en Turquie et à Venise, les maisons de café s'ouvrent en France au XVIIIe siècle.

Tradition vieille de plus de deux siècles, c’est autour du Triangle bordelais que prend naissance un nouvel art de vivre. La Révolution n’a pas empêché la mode et le goût du luxe de faire des Allées de Tourny, le lieu de prédilection des rendez-vous mondains. Au cabaret fait place la Maison de Café qui jouit d’un succès sans faille.
 
Pour la première fois à Paris un sicilien -Procopio- ouvre une Maison de Café en 1702. Jacques Moreau en fait autant : Allées de Tourny, en 1742. Au XIXe siècle, on se groupe par affinités : les cercles politiques se retrouvent autour de la Place de la Comédie, tandis que les gens du théâtre et les érudits se rencontrent chez Beeli, (rue Voltaire) ou au Chapon Fin, (rue Montesquieu).
 
Tous les quartiers de la ville témoignent, ainsi, de fragments de son histoire : Saint-Pierre situé à l'emplacement même du port gallo-romain Burdigala, Saint-Michel et sa flèche gothique, Saint-Eloi sillonné de ruelles pittoresques, le quartier de l'Hôtel de Ville ou s'élèvent la Cathédrale Saint-André et le Palais Rohan, etc...
 
L’art de la gastronomie découvert dans les "restaurants" devient l’apanage d’une bourgeoisie prospère. Le faste dont s’entoure ce nouvel art atteint son apogée à la Belle Epoque.
 
Il faut rappeler que Bordeaux, point d'attache des voyages transatlantiques était aussi en 1900, une escale fameuse sur la route Paris-Biarritz ! La ville s’était dotée, à l’instar des grandes stations en vogue d’établissements fastueux : du Splendid (Allées d’Orléans) au Majestic (Place Tourny) en passant par le Grand Café de Bordeaux (Place de la Comédie) "un des plus beaux cafés du monde".
 
Entre le "Rétro" et les bars américains, que nous reste-t-il aujourd’hui de ces décors ? Certains jardins étranges faits de rocaille, des ciels d’été en guise de plafond, des iris en frise, des céramiques turquoises serties, des vues du Bassin d’Arcachon, sans oublier des verrières travaillées comme un vitrail, ou l’inévitable palmier qui invite au voyage...

Parce qu’il semble avoir pour évocation d’être éphémère, le décor de ces cafés et restaurants montre qu’il fut pourtant le rare moyen d’expression pour certain style à Bordeaux, tel l’Art Nouveau qui rivalisa par son exubérance, avec le faste du style académique : ses colonnes à l’antique, ses marbres, ses miroirs et ses dorures.
 





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