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Ondine Tardieu
© Ondine Tardieu

Les coulisses du Grand-Théâtre

S'y rendre est une fête, on gravit ses marches, pousse la porte dorée, on prend son ticket, pose son manteau... avant de s'installer dans la majestueuse salle de spectacle du Grand Théâtre de Bordeaux.

Le rideau, pas encore levé, fait la part belle à notre imaginaire et lorsque la sonnerie retentit, c'est tout un ballet qui s'active et un autre qui s'achève : celui des artisans qui ont œuvré, des mois durant, à la confection d'un nouveau monde, en trois dimensions, à la fois protagoniste et terrain de jeu de l'opéra, du ballet, de l'opérette qui débute. Découvrez ces artistes de l'ombre, lumière !

Atelier déco-costume au Grand-Théâtre de Bordeaux

« Chapeau, masque, diadème, aile, ici on fabrique tout ce qui se porte sur la tête ou sur le corps ! » annonce Eric Dalmay au milieu d'un bric-à-brac fabuleux. Seul salarié permanent au sein de l'atelier déco-costume, il travaille avec des artisans intermittents pour découper, ciseler, fondre ou mouler mille et une matières. « Notre spécialité c'est justement de toucher à tout » sourit celui qui a fondé l'atelier en 1996. Avant d'œuvrer en coulisses, il est passé de l'autre côté de la scène, « avoir été comédien m'aide pour anticiper le jeu d'acteur » détaille l'inventeur, passé par une formation en orthopédie. « Une armure de chevalier se conçoit comme un corset, c'est un travail sur le corps ! »

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L'atelier déco-costume © Ondine Tardieu

Comme pour l'atelier costume dirigé par Jean-Philippe Blanc, les talents des ateliers déco-costume et accessoires, sont « au service du costumier : à nous de créer en 3D, ce qu'il a imaginé sur papier » résume Eric Dalmay qui s'inspire de ce qui l'entoure, jusque dans son jardin : « La première scène du ballet de Noël, La Sylphide, était celle d'un enfant soufflant un pissenlit mais ce n'est pas la saison, alors on a fabriqué un pissenlit sur lequel, chaque soir on ajoutait quelques silènes d'une fleur dont la graine est portée par un parachute de filaments blancs très fins qui fait le même effet et reste en suspension... »

L'Opéra de Bordeaux et son atelier accessoires

Il fait la pluie et le beau temps, les coups de feu, les jets de sang, Peter Schüler est un magicien. Derrière les élégantes fenêtres en demi-lune de l'Opéra, un atelier bien garni accueille outils et accessoires de pyrotechnie, « l'armurerie est au sous-sol » annonce le spécialiste des effets spéciaux, qui aurait de quoi tenir un (faux) siège, entre les faux fusils, sabres, fausses tronçonneuses et même... le faux jambon, qui doit entrer en scène dans quelques heures. Ses trucs et astuces sont tellement trompeurs, qu'ils font parfois peur, « une comédienne qui jouait Salomé devait serrer contre elle la tête sanguinolente de Saint-Jean-Baptiste et l'embrasser sur la bouche mais la vue du sang la terrifiait ! » raconte Peter Schuler, « c'est vrai que notre faux sang, coule et colle comme du vrai, j'ai finalement trempé mon doigt dedans, comme dans une confiture, ça allait beaucoup mieux après ! »

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L'armurerie de l'atelier Accessoires © Ondine Tardieu

La fabrication des décors du lieu bordelais

C'est au pied du pont d'Aquitaine, dans d'immenses hangars, que s'élaborent les décors de l'Opéra de Bordeaux. Ici on conçoit d'immenses cheminées, des granges vertigineuses, un décor de village aussi bien qu'un trône royal. « Comme les autres ateliers de l'Opéra, nous transformons un croquis, une maquette, en décor à taille humaine, voire même plus grande car cela doit être vu de loin ! » explique Cécile Venier Alla, la cheffe d'atelier. Elle supervise une équipe de douze permanents, serruriers, fraiseurs, menuisiers, peintres, tapissiers. « On travaille tous ensemble, il faut sans cesse chercher de nouvelles techniques, s'adapter aux attentes, chaque pièce est unique » explique-t-elle. Il faut visiblement aussi être doué en puzzle, « ici, tout est construit en pièces détachées pour pouvoir être démontés et remontés facilement si la pièce part en tournée. »

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Cécile Venier Alla, la cheffe d'atelier © Ondine Tardieu

Une peinture de théâtre spécifique

« Une peinture de théâtre doit paraître très détaillée de loin alors que de près ce n'est pas forcément lisible, elle prend sa valeur quand on s'en éloigne » explique Soizic Ouvrard Doen, en charge de la partie décoration. Comme ses collègues, la tapissière d'ameublement et peintre, monte régulièrement sur une coursive en hauteur pour observer le rendu. Par le seul jeu des couleurs et leurs talents, la lumière semble irradier de la vieille charpente dessinée. « C'est lorsque les décors sont sur la scène qu'ils prennent vie, avec l'éclairage et les chanteurs ou danseurs en costumes. On aime bien être spectateurs pour voir opérer cette magie. »

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© Ondine Tardieu

En savoir plus

  • Adresse : Place de la Comédie, Bordeaux
  • Site internet www.opera-bordeaux.com
  • L’office de tourisme propose une visite guidée extérieure et intérieure du bâtiment (n’inclut pas la visite des coulisses) : programme et réservations sur www.visiter-bordeaux.com

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