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Trois cheffes qui régalent Bordeaux

Leurs principaux points communs : l’amour de Bordeaux et la gourmandise. Élodie, Barbara et Rosie font battre les papilles des épicuriens de leur quartier et d’ailleurs. Rencontre avec trois cheffes passionnées.

Au Cocagne, Barbara Michelon revisite la cuisine traditionnelle

Barbara Michelon est la cheffe de ce restaurant situé entre le centre de Bordeaux et le stade Chaban-Delmas. C’est sur la chaleureuse terrasse de son antre qu’elle nous raconte sa cuisine : « Mon père cuisinait beaucoup et très bien ! Je l’aidais toujours à réaliser des mayonnaises, des béchamels, des assaisonnements de salades… J’ai aussi vécu longtemps à la Réunion et tout le monde cuisine là-bas. C’est ancré dans leur culture. Très vite, j’ai voulu monter mon restaurant. » 
 

restaurants bordeaux cheffes
© Cocagne


Cuisine de bistrot AUX saveurs d'ailleurs

Au Cocagne, Barbara propose une cuisine traditionnelle revisitée. On y retrouve ainsi des saveurs de la Réunion. Elle aime aussi la cuisine chinoise, malgache ou encore indienne et n’hésite pas à apporter ces touches d’ailleurs dans ses plats. « J’aime la cuisine de grand-mère que j'agrémente à ma manière, en ajoutant des épices ou encore de la sauce soja ». Celle qui a obtenu la deuxième place au championnat d’œuf mayonnaise de Nouvelle-Aquitaine, propose notamment cette entrée qu’elle rehausse d’un peu de piment. Pour préparer tous ces plats, Barbara fait appel à des producteurs locaux… mais pas seulement. « Je me fournis à la ferme "De l’eau à la bouche" ou encore chez l’épicier "Le marché d’Ornano". Mais pour la viande, elle a opté pour le choix de son conjoint qui tient, lui, le restaurant Le Lauza. « Il est aveyronnais et très attaché à sa région. On continue donc à se fournir là-bas pour la viande, avec du bœuf d’Aubrac ». 

L’ambiance de son restaurant est particulièrement familiale et conviviale. Cela est dû à l’équipe soudée qui le fait vivre. « Nous sommes tous polyvalents. Je n’aime pas rester enfermée dans ma cuisine sous prétexte que je suis la cheffe. Il m’arrive de servir en salle, et les serveurs peuvent aussi venir aider en cuisine ». Quant au quartier, Barbara le connaît bien puisqu’elle y vit. « J’ai déjà vécu dans l’hypercentre, mais je préfère ici, car tout le monde se connaît et s’entraide ». 
 

Restaurant Cocagne - Trois cheffes bordelaises
© Cocagne


 

  • Cocagne, 200 rue Lecocq à Bordeaux
  • Arrêt de tram le plus proche : Gaviniès (ligne A)
  • Arrêt de bus le plus proche : arrêt Livran (lignes 20 et 24)

Côté Zinc, la cuisine simple et raffinée d'Élodie Pichard

Élodie Pichard a toujours cuisiné. Un de ses premiers souvenirs est le lapin au vinaigre de sa mère qu’elle a gouté à l’âge de quatre ans. Puis, il y a eu la cuisine de sa grand-mère : « Elle me faisait jouer à la dinette avec de vrais légumes ! J’ai très tôt appris à faire cuire des pâtes, à préparer la mayonnaise… ». Aujourd’hui cheffe du restaurant « Côté Zinc », Élodie joue à la dinette grandeur nature. « J’aime la cuisine simple, préparée avec des produits de saison, bruts et sans trop d’ingrédients afin de conserver le goût. Ici, vous trouverez du végétal auquel je tiens beaucoup et des aliments crus comme le poisson ou la viande. Par exemple, en ce moment, je propose un bar finement coupé avec une simple vinaigrette aux agrumes et passion ».  Ici, le gaspillage n’existe pas, car tout peut être réutilisé. Les épluchures de légumes ne terminent pas toutes au compost. Ainsi, de cette récupération naissent des chips de panais. Quant aux restes de poissons, ils peuvent être utilisés pour des croquetas. Et les bouts de pain délaissés dans les corbeilles finissent en toast ou croutons. 
 

femmes cheffes bordeaux
© côté Zinc


tapas raffinées

Le midi, à Côté Zinc, on déguste une cuisine de bistrot avec l’entrée, le plat et le dessert servis en même temps sur un plateau afin de manger à son rythme. Et quand vient le soir, ce sont ses tapas qui sont au menu. « Pour cuisiner tout cela, je me fournis au marché des Capucins, chez le maraîcher de la place Sainte Colombe ou à La Laiterie Burdigala. J’aime travailler avec des produits d’ici. On a tout ce qu’il faut dans la région ». Et pour aller chercher ses ingrédients, Élodie enfourche son beau vélo jaune dont elle remplit le panier et les sacoches de ses victuailles. Elle qui habite avec sa famille sur la rive gauche, dans le quartier Saint-Augustin, parcourt une vingtaine de kilomètres par jour. « C’est un plaisir de traverser le pont de pierre tous les jours pour rejoindre le restaurant situé avenue Thiers. L’ambiance y est très conviviale entre habitants et commerçants. Tout le monde se connaît et se salue, apprécie la cheffe. Et quand nous sommes complets, on propose à nos clients d’aller chez nos autres voisins restaurateurs, et réciproquement ».
 

Restaurant Côté Zinc - Trois cheffes bordelaises
© Côté Zinc

 

  • Côté Zinc : 129, avenue Thiers à Bordeaux
  • Arrêt de tram le plus proche : Thiers Benauge (ligne A)

La rencontre, l’histoire d’amour de Rosie Maillard

Si Rosie Maillard a prénommé son restaurant « La Rencontre », c’est bien parce que ce lieu est né d’une rencontre : celle de Rosie avec Francesco, son compagnon originaire d’Italie. « J’ai précédemment travaillé au Chien de Pavlov puis à la Maison Pavlov. C’est là que j’ai rencontré Francesco qui était mon second, alors que j’étais cheffe de l'établissement. Nous avons décidé d’ouvrir notre propre restaurant où je propose de la cuisine franco-italienne. Ici, notre marqueur, c’est la gourmandise et la créativité » annonce-t-elle. 
 

jeune cheffe restaurant bordeaux
© La Rencontre

Cuisine bordelaise à la sauce italienne

L’alliance des saveurs bordelaises et italiennes inspirent la cheffe qui propose une cuisine moderne, née de plats traditionnels. « Je réalise, par exemple, des plin à la langue de bœuf et aux coquillages. Pour cela, je fais cuire la langue de bœuf à la bordelaise, pendant trois jours avec du Grave de Pessac et des échalotes, puis je l’effiloche et je farcis les plin avec. Le goût iodé des palourdes casse le côté gras de la viande ». 

La cuisine de Rosie est raffinée et inventive, toujours réalisée avec des produits locaux. « Je travaille beaucoup avec Maxime Racé, un producteur local. Notre viande est de la blonde d’Aquitaine, les huitres viennent du bassin d’Arcachon, les fromages viennent de la fromagerie Deruelle » … le local est une valeur sûre de la Rencontre. Il faut dire que la « rencontre » de Rosie et Francesco avec la région Aquitaine a également été un coup de foudre. « Je viens de Maine-et-Loire. Ce que j’aime à Bordeaux, c’est la proximité avec la mer et la richesse du terroir. Le restaurant a ouvert début 2025 et tout de suite, on s’est senti bien dans ce quartier. Il y a un dynamisme impressionnant. Nous sommes plusieurs restaurateurs installés ici et proposons différentes cuisines, toutes de qualité. Il n’y a pas de concurrence, on se soutient les uns les autres ».

 

Restaurant La Rencontre - Trois cheffes bordelaises
© La Rencontre

 

  • La Rencontre, 42 rue du Maréchal Joffre à Bordeaux.
  • Arrêt de tram le plus proche : Hôtel de ville (lignes A et B)
  • Arrêt de bus le plus proche : République (lignes 16, 24, 55, 80 et 470)

Bordeaux, ville épicurienne