Le vieux Bordeaux est un quartier empreint d'histoire et d'authenticité. Chaleureux, dynamique et historique, c'est l'une des artères névralgique de la vie locale.
Vieux Bordeaux et quartier Saint-Pierre
Entre le cours de l’Intendance et la rue Peyronnet s’étend ce que l’on appelle le Vieux Bordeaux. Il s’agit en réalité d’un ensemble qui regroupe plusieurs quartiers, anciennes paroisses Saint-Pierre, Sainte-Colombe, Saint-Michel et Sainte-Croix. Ses monuments, ses rues et sa population en font une entité à part, qui s’inscrit dans le plus grand secteur sauvegardé de France (150 hectares).
Saint-Pierre, trois époques dans un même quartier
Romain, médiéval, classique… Rares sont les quartiers où trois époques se lisent aussi clairement dans un si petit périmètre. Le plan médiéval est intact entre ruelles étroites et noms de métiers gravés dans la pierre avec des façades du 18e siècle greffées dessus. C'est justement au 18e siècle que les Intendants ont ouvert le quartier sur la Garonne. En abattant la muraille médiévale, ils ont dégagé la place de la Bourse, la rue Royale et la future place du Parlement.
Quelques adresses à ne pas manquer : au n°11 de la rue du Parlement-Sainte-Catherine, naquit Nicolas Beaujon, le plus fastueux négociant de son temps. Rue Fernand-Philippart, la maison Castagnet (1760) se distingue par son balcon arrondi sur trompe et sa ferronnerie en galbe. Rue des Faussets, une façade ornée d'une frise d'aigles impressionne par la finesse de son exécution.
Les incontournables du quartier
La Place du Parlement, le salon du vieux Bordeaux
À l'angle de la rue du Cancéra et de la rue des Bahutiers, une niche de 1687 abrite une statue de Saint-Pierre. C'est là que s'éteignit Flora Tristan, pionnière du féminisme et grand-mère du peintre Gauguin. À deux pas, la place du Parlement témoigne d'une remarquable continuité architecturale : depuis 1760, constructions et restaurations à l'identique s'y succèdent, fidèles à la vision des édiles bordelais.
Saint-Pierre, le berceau de Bordeaux
Après la chute du Burdigala romain, la vie urbaine s'est recentrée autour de l'actuel quartier Saint-Pierre. La place Saint-Pierre marquait alors l'entrée du port intérieur, où les navires chargeaient et déchargeaient leurs marchandises avant de repartir vers les provinces. C'est sur les boues de cet ancien port qu'a été bâtie la première église du quartier, au début du Moyen Âge. Les noms de rues gardent la mémoire des métiers d'antan : rue des Argentiers (orfèvres), rue des Bahutiers (marchands de coffres), rue du Chai des Farines (entrepôts à céréales). Au 16e siècle, les familles bourgeoises s'y installent et la Cour des Aydes y fait office de tribunal.
La Porte Cailhau, l'entrée vers le Bordeaux médiéval
Construite en 1494 pour célébrer la victoire de Charles VIII à Fornoue, la porte Cailhau était l'une des entrées de Bordeaux depuis le fleuve. Ses 35 mètres dominaient les remparts médiévaux de la ville. L'effigie du roi orne toujours une niche côté Garonne, une plaque rappelle d'ailleurs que ce même monarque trouva la mort en se cognant contre un linteau trop bas. L'origine du nom « Cailhau » ? Les historiens eux-mêmes ne s'accordent pas : nom de famille, caillou, menhir… le mystère reste entier. Depuis le sommet, la vue sur le pont de Pierre vaut le détour. À l'intérieur, une exposition retrace les techniques qui ont façonné la ville, avec un montage audiovisuel dédié aux tailleurs de pierre.
Envie d'en savoir plus ? Bonne nouvelle, la Porte Cailhau se visite !